La météo kirghize

En descendant de Kizil Art à fond les ballons, nous encaissons successivement deux coups dûrs.

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Le premier, c’est que le checkpoint Kirghize, situé juste en-dessous des lacets et dont nous avions obtenu les coordonnées GPS avant notre départ…

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… n’est plus un checkpoint, mais une simple baraque de paysans. Ceux-ci sont fort sympathiques, mais cela signifie qu’avant de songer à escalader le Pic Lénine, nous devons sortir du no-man’s land et régulariser notre situation au véritable poste-frontière…

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… et pour cela, il faut continuer de descendre jusqu’à nouvel ordre.

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Ce qui n’est pas très amusant lorsqu’on sait qu’il faudra tout remonter à pied. Nous ne lâcherons les vélos qu’après cette frontière, à l’endroit où nous récupérons notre matériel d’alpinisme et nos provisions.

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Nous nous préparons donc à revenir bientôt, chargées de plus d’une semaine de vivres, afin de remonter le cours de ces rivières chargées de boues ferrugineuses et visiblement non-potables, de nuit de préférence pour éviter tout imbroglio avec les gardes-frontière.

D’autre part, nous avions accordé aussi peu de crédit aux bulletins SMS reçus dans le Pamir ensoleillé depuis la France, qu’aux couleurs du col de Kizil Art considéré depuis notre terne canapé. Ainsi, comme le laissait pressentir le terrible vent de ce jour, le second coup dûr…

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… c’est que la pluie se met franchement à nous tomber dessus sitôt que nous basculons du côté kirghize.

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Après quelques kilomètres, l’arête n’est déjà plus visible…

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… toute enveloppée qu’elle est de noirs cumulus, résonnante du tonnerre qui gronde et striée d’éclairs. Nous comprenons mieux pourquoi le Kirghizistan est vert. L’averse fait rage lorsque nous parvenons au poste-frontière, désormais situé à vingt kilomètres du col : qu’on se le dise !

Les gardes nous retiennent une heure, mais grâce à la grêle furieuse, nous obtenons des places de choix : tankées sur des banquettes moisies au fond d’un vieux wagon d’avant-guerre couleur camouflage, nous séchons nos fripes trempées auprès d’un poêle à fuel en compagnie des officiers qui nous prennent en photo sur leurs téléphones.

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Autant dire que malgré la foudre, une fois les passeports tamponnés, nous ressautons sur les vélos. La tempête, la pluie, le vent de face nous secouent jusqu’à Sary-Tash, que nous atteignons le soir-même. Les cyclos qui nous accompagnaient tôt ce matin sont restés bloqués là-haut dans des chutes de neige et n’ont pu passer le gué.

Nous aussi, nous devrons être patientes. A 3100m d’altitude, nous allons pourtant limiter notre temps passé dans la plaine, afin que l’orage ne nous prive pas, jour après jour, de notre acclimatation chèrement acquise sur les plateaux du Pamir.

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