Oh, baby, it’s a wired world

Ohé ! Après des semaines loin du monde câblé, nous avons enfin retrouvé une connexion Internet !!! L’heure est venue de lever le suspense et de vous dévoiler, goutte à goutte, nos récentes – et moins récentes – aventures.
Où en étions-nous ? Au lac Allauddin, ce petit point bleu situé dans les Monts Fan, au Nord de Dushanbe. Nous espérions le rejoindre, début juillet, avant de retourner prestement à la capitale où, tout compte fait, nous pouvions nous procurer le permis GBAO.

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Désespérées d’atteindre le lac à temps, nous avions miraculeusement rencontré Ali, le garde forestier. Gros coup de pouce et tricherie confirmée 🙂

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A l’approche du crépuscule, Ali nous remit à son tour entre les mains d’Hermina, notre nouvelle protectrice, dès l’orée de la forêt de cèdres. Guide accomplie, Hermina prit grand soin de nous et ne faillit point à sa mission.

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Elle nous mena avec calme et bravoure jusqu’au lac Allauddin, que les derniers reflets du jour vernissaient de jade et dont les ondes, une à une, s’endormaient.

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Soit dit en passant, vous ne manquerez pas de constater à quel point le Tadjikistan, pays »-stan » aux consonnances instables, est conforme à l’idée qu’on s’en fait. Vous aviez bien raison de nous mettre en garde : ce pays est décidément truffé de dangereux terroristes armés jusqu’aux dents…

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… aux griffes desquels, aveuglément, nous nous sommes livrés.

Nous nous sommes d’ailleurs demandées ce qu’en pensait la perdrix.

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Bref, une fois au lac, arrivées au terme d’un détour totalement improvisé, nous constations, sidérées, que la réalité finit parfois par dépasser nos improbables attentes et qu’ainsi même nos rêves paraissent trop exigüs. Il en reste donc, des murs à abattre à grands coups d’aventure. Nous y reviendrons. Avec le coup des permis GBAO en berne qui nous donnait l’occasion de découvrir les Monts Fan, après l’histoire des glissements de terrain qui, au lieu d’embûches, nous offrait des rencontres, nous nous promettions d’accorder à la réalité davantage d’espace, de cesser d’exiger d’elle qu’elle se conforme à notre déterminisme et de la laisser s’exprimer.

Des semaines plus tard, comme nous repensons à ces séries de coïncidences, on se demande toujours ce qui a pu mettre ainsi sur notre chemin, dans les Monts Fan, un petit chaperon rouge et un garde forestier pour nous mener au lac.

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Nous étions si surprises d’avoir atteint ce but qu’il nous semblait que Christine, notre expat’ préférée, pilotait secrètement les opérations depuis son quartier général de Dushanbe. Il s’avère effectivement qu’elle avait vécu dans cette vallée, maintenait le contact avec son réseau local et était déjà au courant que nous étions passées à Anzob la veille. Elle avait donc naturellement mis Ali sur notre route.

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Ca nous a fait drôlement plaisir qu’elle se décarcasse dans l’ombre, ainsi, juste pour nous. Elle avait soigneusement déroulé sur notre chemin un fil conducteur. Ca nous touchait de constater que nous étions tombées entre de si bonnes mains. C’était comme si un cadeau nous parvenait d’un parent lointain.

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Seulement, à notre retour, Christine a avoué qu’elle n’y était absolument pour rien.

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Alors, d’apprendre ça, ça nous a fait encore plus plaisir. Il nous semblait deviner un autre fil conducteur, qui échappait à notre logique et que nos lambeaux de déterminisme programmé s’éparpillant dans les étoiles découvraient peu à peu. On a cessé de penser à Christine et on s’est tournées vers cette providence un peu magique, inattendue, venue comme un vent qui guide les pas. Ce n’est pas la première fois qu’on s’en étonne, et ça se reproduira. Mais c’est arrivé plusieurs fois dans le voyage. On vous racontrera.

Ce qui est chouette dans ce fameux fil conducteur, dans cette brise favorable, c’est qu’on en pense ce qu’on veut ; et ça nous fait bien sourire, parce qu’on s’aperçoit que ce cadeau qui vient du lointain, ce cadeau en forme de question, quand on l’ouvre, tout ce qu’on y trouve, c’est notre capacité à décider de ce qu’on voit.

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2 réflexions sur “Oh, baby, it’s a wired world

  1. Bravo pour tout !
    Vos photos, comme vos commentaires, sont parfaits et passionnants : on trouve le temps bien long en attendant la suite…

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